
Les plantes médicinales occupent une place ancienne dans les pharmacopées. Cette page est informative : elle ne remplace pas un avis médical, et les plantes ne se substituent jamais à un traitement prescrit.
La phytothérapie désigne l'étude et l'usage des plantes à des fins de prévention ou de soulagement de troubles de santé.
Elle emploie plusieurs formes : infusions, décoctions, macérations, gélules de poudre, extraits fluides, teintures, et huiles essentielles, ces dernières relevant plutôt de l'aromathérapie.
Chaque plante possède des propriétés qui varient selon la partie employée : feuilles, fleurs, sommités, racines, écorce, fruits.
Une part importante des médicaments modernes est issue du végétal : l'acide acétylsalicylique dérive de l'écorce de saule, la digoxine de la digitale, la morphine du pavot, plusieurs anticancéreux de l'if et de la pervenche. Cela rappelle une évidence trop souvent oubliée : une plante active a des effets, et donc des effets indésirables.
Les plantes contiennent des composés chimiques qui agissent sur l'organisme.
Les alcaloïdes, souvent puissants et parfois toxiques.
Les polyphénols et les flavonoïdes, aux propriétés antioxydantes.
Les tanins, astringents.
Les mucilages, adoucissants.
Les huiles essentielles, très concentrées.
Et les hétérosides, dont certains agissent sur le cœur.
Leur teneur varie selon la variété, le terrain, la saison de récolte, le séchage et la conservation, ce qui explique la variabilité des effets d'un lot à l'autre.
L'infusion : eau frémissante versée sur la plante, couverte, cinq à dix minutes. Convient aux parties fragiles, fleurs, feuilles.
La décoction : plante mise à l'eau froide puis portée à ébullition. Convient aux parties dures, racines, écorces, graines.
La macération : plante laissée à froid plusieurs heures.
Le cataplasme et la compresse, pour un usage externe.
Une précaution constante : couvrir pendant l'infusion, faute de quoi les composés volatils s'échappent avec la vapeur.
C'est la partie la plus importante de cette page.
Les interactions médicamenteuses sont réelles et parfois graves. Le millepertuis, employé pour l'humeur, diminue l'efficacité de nombreux médicaments, dont les contraceptifs oraux, les anticoagulants, les antirétroviraux et certains traitements anticancéreux. Le pamplemousse modifie le métabolisme de nombreuses molécules. Le ginkgo et l'ail majorent le risque hémorragique sous anticoagulant.
Certaines situations imposent la prudence : grossesse et allaitement, jeunes enfants, personnes âgées polymédiquées, insuffisance rénale ou hépatique, période péri-opératoire.
La confusion entre espèces lors de la cueillette est une cause d'intoxication grave, documentée chaque année, colchique confondu avec l'ail des ours, digitale avec la consoude.
Enfin, un symptôme qui persiste, s'aggrave ou s'accompagne de fièvre, de perte de poids ou de douleur importante appelle une consultation, non un changement de tisane.
La vente de nombreuses plantes médicinales relève du monopole pharmaceutique ; une liste de plantes est cependant libérée de ce monopole et peut être vendue par d'autres commerces.
Les compléments alimentaires à base de plantes ne sont pas des médicaments : ils ne font l'objet ni d'une autorisation de mise sur le marché, ni d'une preuve d'efficacité. Leur composition réelle a fait l'objet de contrôles montrant des écarts fréquents avec l'étiquetage.
Un dispositif national de nutrivigilance recueille les effets indésirables liés aux compléments alimentaires, et il en enregistre régulièrement.
Le conseil d'un pharmacien ou d'un médecin, qui connaît les traitements en cours, reste le moyen le plus simple d'éviter les problèmes.